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LOUISE BOURGOING
30/08/2011

Pour son premier rôle en tête d’affiche, Louise Bourgoin incarne une jeune maman qui découvre la maternité. Un « heureux événement » (adaptation du livre d’Eliette Abécassis, sortie le 28 septembre) qui lui a permis de pousser l’expérience de la comédie à un niveau inédit pour elle…

“C’EST UN VRAI GRAND RÔLE, UN PORTRAIT DE FEMME COMME IL EN EXISTE PEU”

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Qu’avez-vous pensé à la lecture du scénario ?
Je me suis dit que c’était un projet que je ne pouvais pas laisser passer. C’est un vrai grand rôle, un portrait de femme comme il en existe peu au cinéma. Barbara, ce n’est pas un personnage statique : elle évolue, elle se transforme, elle vit même une véritable métamorphose. L’expérience de la maternité va la sortir de sa zone de confort habituelle et de ses concepts philosophiques pour la confronter à la vérité crue de la vie.

Le fait de n’avoir pas encore connu l’expérience de la maternité vous a-t-il fait douter ?
Oui, dès que je croisais une femme enceinte, je la harcelais de questions. J’ai dû rendre complètement chèvre la maquilleuse, Séverine, enceinte de sept mois au moment du tournage ! Les prothèses de ventre m’ont aidée aussi. Plus je suis travestie, déguisée, changée, plus j’arrive à construire un personnage différent de ce que je suis, c’est une évidence. Et puis le temps d’installation des faux ventres était un temps que je pouvais pleinement consacrer à entrer dans la peau de mon personnage, très concrètement.

Finalement, ce manque d’expérience rend encore plus crédible votre personnage…
En effet, j’étais tout aussi dépassée que mon personnage. Au début, j’ai cru qu’on n’allait jamais y arriver, c’était difficile de s’abandonner dans le jeu alors que le bébé que je tenais dans les bras me balançait sa main dans la figure ou racontait sa vie en onomatopées. Et petit à petit on s’est apprivoisés. Entre les scènes, je restais avec les bébés pour qu’ils s’habituent à moi, je jouais avec eux, je les rassurais, je suis même allée passer quelques dimanches avec eux chez leurs parents.

Quelle a été la scène la plus compliquée à tourner ?
Celle de l’accouchement. C’est toujours risqué dans un film, ça peut vite être un peu grotesque. Là, c’était « LA » scène. Si on la ratait, le film était raté parce qu’on n’y croyait plus après.

Vous y étiez préparée ?
Oui, j’ai pris des cours de pré-accouchement avec des femmes enceintes pour apprendre à respirer pendant les contractions. J’ai également suivi une sage-femme dans une clinique parisienne, elle m’a permis d’assister à une dizaine d’accouchements. C’était très marquant. Le sang, les sécrétions, le placenta... On vit dans une société assez aseptisée, on n’a pas l’habitude de voir ça, pourtant c’est quelque chose de naturel.

A un moment, vous devenez toute blanche vous tombez dans les pommes. Pour de vrai ?
Oui, mais je tiens à rassurer tout le monde : aucun comédien n’a été maltraité durant le tournage. Au contraire, le réalisateur, Rémi Bezançon m’a beaucoup aidée. Toutes les femmes qui ont accouché sous mes yeux m’ont inspirée aussi. Les observer m’a permis de jouer certaines choses que je n’aurais jamais osées sinon. Tout était dans leur regard car, malgré leur souffrance, elles gardaient toutes une certaine dignité face à l’équipe médicale, aux gens qu’elles ne connaissaient pas. Je m’en suis servie en jouant. J’ai aussi pensé à elles quand on a posé le bébé sur ma poitrine après l’accouchement.

Comment étaient vos relations avec votre partenaire, l’acteur Pio Marmaï ?
Pio est un acteur instinctif, physique, avec une grande maîtrise de l’espace, de son corps et de son jeu. Il fait beaucoup de sport, c’est quelqu’un de très sain, de solide et de rassurant. Il m’a appris plein de trucs. Par exemple, pour la scène où je devais être complètement saoule, juste avant la prise il m’a fait tourner sur moi-même jusqu’à ce que je ne marche plus droit du tout.

Beaucoup de complicité, donc…
Il m’a donné plein d’astuces de ce genre, je lui suis reconnaissante. Quand on a su qu’on allait jouer ensemble, on s’est beaucoup vus avant le tournage pour répéter, s’exercer avec des bébés et apprendre à se connaître. On allait avoir des scènes très intimes à partager, des scènes de baisers, d’amour, de sexe. Donc on a préparé cette intimité. Du coup, on est devenus très proches. Et aujourd’hui, Pio c’est comme mon frangin.

Crédit : © 2011 Gaumont - Mandarin Cinéma / Photo : Nicolas Schul


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