Il a fallu attendre plus de neuf mois entre la sortie du premier single « Hello » et
celle de l’album Smash. Cela valait le coup puisque le résultat est largement à la
hauteur de l’attente suscité par ce morceau porté par un video-clip qui marquera
son temps, puisqu’il montre Bob Sinclar affronter Martin Solveig sur le court
central de Roland-Garros ! Cet opus ne fait d’ailleurs que décliner le concept
du tennisman Martin Solveig, bandeau dans les cheveux et musique Electro-Rock
punchy pour accompagner chacune de ses apparitions. L’intéressé nous livre ici
dans les détails le pourquoi du comment de son troisième album, Smash.
“J’essaie de
proposer
quelque
chose de
différent de
ce que font
les autres”

- © Tristan Seguela
Est-ce que vous étiez parti
dans l’idée de faire un album
concept ?
L’idée était clairement de chercher une
cohérence au niveau de l’image et de
l’histoire racontée. J’ai donc essayé
d’installer un univers, qui m’est propre.
On a commencé par filmer l’histoire,
puis, seulement après, je me suis fixé
l’objectif d’illustrer musicalement ces
videos. Alors, peut-être que certains
penseront que les choses ont été faites
à l’envers, mais c’est comme ça que je
le voulais.
Cette histoire, elle a pour cadre
le sport et comme ingrédients
beaucoup d’humour et de
dérision…
Oui, la dérision, c’est fondamental
pour moi. Mais en ce qui concerne
la thématique, c’est bien plus précis
que le sport : c’est le tennis. En fait, je
joue un rôle dans cette série de clips
(Smash épisodes 1, 2 et 3). C’est une
sorte de fan de tennis, qui frustré de
ne pas être un champion, imagine des
tas de choses et joue sans cesse avec
son bandeau sur la tête et sa raquette
à la main.
D’où le clip de « Hello » tourné
à Roland-Garros ?
Oui, cet épisode a été un moment
génial à tourner. Nous avons joué sur
le Central avec Bob Sinclar, et on se
demandait comment le public allait
réagir. Et ça s’est très bien passé !
Vous avez donc tourné un
autre clip avec du public, au
Stade de France…
Ça c’est l’épisode 3, qui illustre le
nouveau single. Ready 2 Go. Entre les
deux, il y a un épisode qui se passe
à Singapour et qui raconte la suite
de l’histoire commencée dans Hello.
Pour le Stade de France, on a tourné
ça à la mi-temps d’un match de foot
de l’équipe de France. On voulait que
le public fasse partie intégrante de la
vidéo, c’est pourquoi il y a cette sorte
de tifo qui permet d’afficher le titre du
morceau dans les tribunes du stade…
L’univers du sport est parfois
traité en musique, mais plus
souvent par des groupes Rock.
En matière d’Electro, vous êtes
l’un des seuls…
Je réfléchis beaucoup à essayer de
proposer quelque chose de différent
de ce que font les autres. J’ai envie de
partager non seulement ma musique,
mais aussi d’autres passions, comme,
en l’occurrence, la vidéo et le tennis.
Je suis très impliqué dans le tournage
des clips dont je coécris les scénarios.
J’avais à coeur d’inventer et de mettre
en scène ce monde qu’on retrouve
dans les épisodes de Smash. Après,
si ça ne se fait pas trop par ailleurs,
j’ai envie de dire tant mieux ! C’est
toujours mieux d’essayer de proposer
quelque chose de différent, même si ça
peut-être « casse-gueule » aussi…
Revenons au contenu
auditif de l’album : c’est très
Electro-Rock, non ?
Complètement. Mon influence
principale, hors électronique, c’est le
Rock. Je voulais donc construire cet
album comme l’aurait fait un groupe
de rock. C’est pour ça que les synthés
sonnent parfois comme des guitares.
Ou que l’on retrouve des chanteurs et
chanteuses qui sont plutôt à tendance
rock, comme Kele Okereke, du groupe
Bloc Party, qui chante sur le morceau
Ready 2 Go. Sur tous les morceaux,
j’ai essayé d’insuffler une énergie,
une dynamique propre au rock, avec
toujours une atmosphère joyeuse et
positive.
Il y a aussi la chanteuse
Dragonette, qui avec Girls
& Boys en 2009 et Hello,
chante sur deux de vos plus
gros cartons. Comment
expliquez-vous que le courant
passe si bien entre votre
musique et sa voix ?
Car elle vient aussi du rock, et qu’on
partage énormément de choses. On
est sur la même longueur d’ondes en
permanence, si bien que parmi tous
les gens avec qui j’ai collaboré, c’est la
personne avec qui la synergie opère le
mieux musicalement. Elle a beaucoup
de talent et de personnalité, ce qui
rend la composition et l’écriture plus
simple de mon côté.
Vous êtes en tournée tout l’été :
quel dispositif mettez-vous en
place sur scène ?
Les concerts porteront le nom de
Smash Party, une déclinaison et
continuation de l’histoire filmée
de Smash. Il y aura Lafaille, mon
manager, qui joue un rôle important
dans l’histoire, et fera partie intégrante
du show. On aura autour de nous
tout un décor reconstitué suivant
l’esthétique des clips, et je serai aux
platines pour un Dj set. Bien sûr je
jouerai les morceaux de l’album et
j’aurai un micro, mais les chanteurs
de l’album ne seront pas là. Sur les
festivals, j’ai un dispositif plus léger,
étant donné les contraintes logistiques.
Mais il s’agira encore de Dj sets. En
revanche, on va essayer de mettre en
place un véritable groupe pour jouer en
live en 2012.
Dernière question : comme la
thématique de l’album tourne
beaucoup autour du tennis,
pourriez-vous nous citer
l’événement qui vous a le plus
marqué dans cette discipline ?
Je dirais la victoire de Roger Federer
à Roland-Garros en 2009. C’était
vraiment génial de le voir remporter
le seul grand tournoi qu’il n’avait pas
encore réussi à gagner jusque-là. C’est
un immense champion, et c’était très
touchant de le voir réaliser son rêve.
C’était son ultime gros challenge à
réussir pour que sa carrière soit un
triomphe, et il l’a fait !
www.martinsolveig.com
Propos recueillis par G.D.