Après une longue et riche carrière de footballeur, avec en point d’orgue une participation à la Coupe du Monde 2006, Vikash Dhoraso se partage aujourd’hui
entre ses nombreuses activités média et sa passion pour le poker. Membre du
Team Winamax, l’ex-milieu de terrain du PSG et du Milan AC se régale autant
derrière son ordinateur que lors des compétitions réelles !
“UNE PARTIE DE
POKER C’EST AUSSI
UNE COMPÉTITION
D’ÉGOS”

question
Jouiez-vous déjà au poker du
temps de votre carrière de
footballeur ?
Oui, j’ai commencé à jouer sur internet
au PLO (variante du Texas Hold’em)
à l’époque où je jouais à Lyon. J’ai
continué après mon transfert à Milan,
puis quand je suis arrivé pour jouer à
Paris. C’est alors que Winamax m’a
contacté pour intégrer son équipe.
Quand vous avez débuté,
pensiez-vous devenir pro ?
Je ne me considère pas comme un
professionnel. Certes, je participe à de
gros tournois, je remporte parfois des
gains, mais ça n’est pas mon activité
principale. Ceci dit, quand j’ai débuté
devant mon écran, je ne m’imaginais pas
participer un jour à des championnats
internationaux à l’étranger !
La différence entre le jeu online
et le jeu live ?
Elle est importante. Le fait de ne pas
avoir les joueurs en face de soi change
considérablement la manière de jouer.
J’ai d’ailleurs encore beaucoup de
progrès à faire notamment dans ma
façon d’être à la table.
Quel type de joueur êtes-vous :
prudent ou offensif ?
Ça dépend de plusieurs paramètres :
l’état dans lequel on se trouve, le
type de joueur qu’on a en face de soi,
le moment dans lequel on se trouve
dans un tournoi… Il y a un autre
aspect à prendre en compte : le poker
a beaucoup évolué ces dernières
années, dans le sens où les joueurs
ont de plus en plus une stratégie
agressive. Pour s’en sortir, il ne faut
pas attendre d’avoir une bonne main, il
faut prendre des risques
Votre expérience de sportif de
haut niveau est-elle utile au
poker ?
De l’expérience de la compétition,
j’ai gardé cette envie de défier les
autres. Le poker, ce sont souvent des
compétitions longues, dans lesquelles
il faut faire preuve de patience, être
observateur… En revanche, le foot,
c’est quelque chose que je connais
pas cœur, ça été mon métier pendant
quinze ans. Chaque match est
différent, certes, mais il y a un côté
répétitif.
Beaucoup d’anciens sportifs
et de comédiens jouent
au poker… Comment
analysez-vous cette tendance ?
Il y a un engouement incroyable autour
du poker, une vraie mode qui a attiré
beaucoup de gens du show-biz, des
people, des vedettes… Ça s’explique
aussi par le fait que les règles du
poker sont facilement assimilables.
On peut très vite apprendre à jouer,
à miser de l’argent, et comme ce
sont des gens qui ont les moyens...
Une partie de poker, c’est aussi
une compétition d’égos, et dans les
milieux du show-biz, comme du sport
d’ailleurs – c’est mon cas aussi – on
a tous beaucoup d’égo et on veut
prouver qu’on est meilleur que les
autres.
Vivez-vous la reconversion
que vous souhaitiez ?
Oui dans le sens où mon but a toujours
été de vouloir rester libre. Je me
suis battu pendant ma carrière pour
ça. Aujourd’hui, cette liberté je ne
veux pas la perdre. Je n’ai qu’un seul
patron, Winamax, et ça se passe bien
car ils sont cools et sympas !
Pouvez-vous nous parler de
vos activités dans les médias ?
Je participe à l’émission de M6 100%
Foot, j’écris des chroniques dans le
mensuel So Foot. Mais j’ai aussi monté
avec des copains (et c’est plus discret),
une boite de production de cinéma
qui s’appelle Trompe Le Monde (c’est
aussi le nom de son blog sur l’actu du
foot, NDLR).
Est-ce que cela a quelque
chose à voir avec Substitute, le
film que vous avez tourné lors
de la Coupe du Monde 2006 ?
On l’a fait dans la foulée. On s’est
rendu compte que pour Substitute,
un financeur avait dû prendre des
risques pour que le film sorte. Et que
si lui l’avait fait, d’autres devaient le
faire afin que d’autres beaux projets
cinématographiques puissent être
soutenus. Fred Poulet (musicien et
réalisateur) a présenté à Cannes le
Making-Of de Mammuth, le dernier
film de Benoît Delépine et Gustave
Kervern. Et on a d’autres projets en
route, dont un film indien, mais plutôt
du genre cinéma d’auteur, pas un truc
« Bollywood ».
Vous avez donc un rôle de
producteur, mais est-ce que ça
vous plairait de passer devant
(ou derrière) la caméra ?
J’ai fait l’acteur dans un
court-métrage qui a été projeté à
Cannes cette année. Bon, c’était parce
Canal me l’avait proposé, mais c’est
vraiment pas mon but de devenir
acteur. Réalisateur non plus d’ailleurs,
je me contente très bien de produire
avec mes associés.
Propos recueillis par G.D.