L’histoire d’Underworld commence à la fin des ann ées 80, lorsque les anciens membres du groupe New Wave « Freur » décident de donner une orientation plus ELECTRO à leur musique. Mais c’est lors de la décennie suivante que ce groupe britannique va se révéler aux yeux du monde, grâce à plusieurs albums qui vont marquer la scène dance des années 90. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, « Barking », rencontre avec Karl Hyde, leader et chanteur du groupe depuis ses débuts .
“Les chanteurs
dans les groupes
Techno ont
donné un visage
à une musique qui
n’en avait pas”

C’est votre premier album depuis
trois ans. Qu’avez-vous fait
depuis la sortie du précédent ?
On a beaucoup voyagé, tourné, joué
aux quatre coins du monde. Beaucoup
des morceaux de l’album sont
d’ailleurs nés sur la route.
Est-ce pour cette raison que les
nouveaux morceaux semblent
si énergiques ?
Sans doute. Nous avons délibérément
voulu faire en sorte que cet album soit
la prolongation naturelle de nos live
shows. Finalement, Barking contient
tout ce qu’il faut pour alimenter nos
sets dans les prochains mois.
L’ambiance est plutôt pop
et légère sur les nouveaux
morceaux. Est-ce que ça
reflète l’état d’esprit du groupe
actuellement ?
Oui, mais ce n’est pas la seule raison
à cette atmosphère. D’abord, nos
derniers albums étaient plutôt de
nature introspective, et nous voulions
prendre une toute nouvelle direction.
Ensuite, nous avons fait appel à
de nombreux autres producteurs
(Dubfire, Mark Knight, Paul Van
Dyk, entre autres NDLR) pour mixer
les morceaux que nous avions
commencés, et ces collaborations
nous ont vraiment beaucoup apporté
sur ce point.
C’est particulièrement le cas
sur le premier single, « Scribble ».
Pensiez-vous à faire un
« summer hit » en composant ce
morceau ?
Pas tout à fait, car ce morceau fait
justement partie de ceux que nous
jouons depuis trois ans dans nos
concerts. Mais évidemment, vu le
succès rencontré à chaque fois que
nous le jouions, on se doutait que ça
marcherait à sa sortie en single.
Vous accordez un soin
particulier à vos clips et à
l’image en général. Est-ce
qu’Underworld peut être
considéré comme un groupe
multimédia ?
Oh, en quelque sorte oui. On a toujours
été attirés par d’autres disciplines
artistiques que la musique, et ce
depuis le début du groupe. Nous
appartenons au collectif Tomato qui
regroupe des artistes et graphistes
qui travaillons pour des livres,
des publicités à la télé. Et à titre
personnel, j’ai aussi organisé ma
première expo de peinture l’année
dernière.
Malgré les nombreux
changements de formation,
on a l’impression que le
son d’Underworld reste
reconnaissable à travers les
années, voire les décennies…
Certains éléments changent, le
personnel a changé (notamment le
Dj Darren Emerson, qui fut membre
du groupe jusqu’en 2000, NDLR),
mais dans l’ensemble, c’est vrai que
beaucoup de gens s’accordent pour
reconnaitre qu’on a notre propre
signature musicale. Il faut dire aussi
que depuis le début, s’il y a bien
une chose qui n’a pas changé dans
Underworld, c’est la voix du chanteur !
Vous avez été justement l’un
des premiers à monter sur
scène pour chanter sur de la
Techno dans les années 90.
Qu’est-ce que cela a changé à
la musique électronique ?
Je pense que l’apparition des
« frontmen » sur la scène électronique
de l’époque a permis de rendre
plus accessible cette musique. Les
chanteurs dans les groupes Techno
ont donné un visage à une musique
qui n’en avait pas. Pourtant, au départ,
on avait des doutes sur cette idée, on
ne savait pas si ça allait marcher. En
fait, ça a permis d’ouvrir des portes
et de créer des ponts, notamment
entre la musique Indie et l’Electro.
Mais bon, ce n’est pas pareil, car en
Rock, le chanteur, c’est celui qui arrive
le premier sur scène, alors qu’en
Electro, il arrive en dernier, après tous
les autres !
Enfin, revenons sur le tube
« Born Slippy » qui a lancé
votre carrière. Comment
avez-vous réagi lorsque vous
avez vu comment ce titre
avait été utilisé dans le film
Trainspotting ?
J’ai adoré ! Infiniment. Danny Boyle,
le réalisateur, est quelqu’un qui aime
vraiment la musique et il a réussi
à trouver les arguments pour nous
convaincre d’utiliser ce morceau – car
au départ, après avoir lu le scénario
une première fois, on ne voulait pas.
Et on n’a jamais regretté ce choix.
Trainspotting est un formidable film
que je ne me lasse pas de revoir.
www.underworldlive.com
Propos recueillis par G.D.