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TRENTEMOLLER
28/09/2007

Propulsé sur le devant de la scène Techno au début des années 2000 par la grâce de quelques maxis ayant renversé les dancefloors, le Danois Anders Trentemöller a dévoilé une autre facette de son potentiel musical -atmosphérique, mélodique, intimiste- en publiant en 2006 son premier album solo, The Last Resort. Cet automne, parait The Chronicles, compilation sur laquelle apparaissent pour la première fois sur Cd ses tubes estampillés “club”, ainsi qu’une sélection de ses meilleurs remixes. Rencontre avec l’un des musiciens électroniques les plus doués de sa génération...

Anders, comment as-tu débuté dans la musique ?
Dès l’âge de 5 ou 6 ans, j’ai eu la chance d’apprendre le piano et la batterie. Adolescent, j’ai joué du synthétiseur dans des groupes Indie-Rock. Puis j’ai effectué un voyage à Londres où j’ai découvert la Jungle et la Drum’n’Bass, des musiques dans lesquelles j’ai retrouvé la même énergie que dans le rock.

Est-ce comme cela que tu es passé à la musique électronique ?
En fait j’ai toujours joué de la guitare, de la batterie et des synthés. La transition s’est faite naturellement lorsque j’ai découvert le Trip Hop.

Tu étais dans les années 90 dans Tribag, un “live act” danois. Qu’y a-t-il de particulier dans la House scandinave ?
C’était il y a une dizaine d’années en effet, nous avons investi le champ de la House music avec Tribag... une certaine forme de House music. Je pense qu’il y a des vibrations particulières dans notre façon de concevoir la musique, quelque chose d’un peu plus sombre et mélancolique, je ne sais pas pourquoi, peut-être à cause du temps pluvieux, du brouillard et des paysages...

Tes maxis de l’époque ont eu leur place dans les playlists des plus grands Dj’s et sont devenus de véritables tubes dancefloor, est-ce que tu t’y attendais ?
Quand je compose, je ne pense jamais à la manière dont ça va être perçu, ou si les Dj’s vont aimer et passer mon disque. J’ai été surpris que ça ait eu tant de succès, j’ai reçu plein de messages du monde entier, ça m’a encouragé !

Que penses-tu des styles associés à ta musique comme Minimale Techno ou Tech House ?
Je crois que ce sont des raccourcis qui correspondent certes à mes productions de cette époque mais qui ne sont plus valables pour mes travaux actuels.

A ce propos, ton album studio se rapproche de l’Electronica, et s’éloigne de l’atmosphère club... C’est l’autre facette de Trentemöller ?
Oui, bien que j’ai toujours fait ce genre de musique ! Mais c’est vrai que j’ai d’abord été reconnu pour mon travail Techno et House. Je suis très attaché à ce travail car mon univers ne se limite pas à la musique pour dancefloor.

C’est presque froid, gelé, très mélancolique...
C’est un truc très organique. J’ai voulu exprimer beaucoup de sentiments et d’humeurs différentes, élargir mon panel musical.

Beaucoup de gens qui te connaissaient alors plutôt comme un producteur Techno ont été surpris...
Je me doute, bien que je n’y aie pas trop pensé. Je crois en définitive que cet album me ressemble plus que mes productions Techno vinyle. C’est très amusant pour moi la House et la Techno, c’est quelque chose de divertissant à composer, mais au plus profond de moi, je me sens plus proche de The Last Resort.

Tu es actuellement en tournée avec un groupe sur scène. Combien êtes-vous ? Est-ce que vous jouez les titres de l’album ou des nouveaux spécialement écrits pour être joués en groupe ?
On joue des morceaux de The Last Resort réarrangés, pour leur donner plus de punch sur scène, à tel point qu’ils ont presque un aspect “clubby” maintenant. En tout cas c’est très amusant de jouer avec un groupe (un batteur, un guitariste, un bassiste et moi-même), car il y a un coté imprévu, improvisation. Très différent de quand on est Dj ou musicien électro et qu’on sort des sons de la banque de données de l’ordinateur...

Est-ce que c’est la troisième face d’Anders Trentemöller ?
Oui ! Haha... !!

Ce mois-ci sort The Chronicles, un double Cd reprenant tes hits Techno du début et une sélection de tes meilleurs remixes.... Comment t’y es-tu pris ?
Et bien, il se trouve que beaucoup de gens m’ont écrit sur MySpace pour m’expliquer qu’ils étaient frustrés de ne pas pouvoir écouter mes morceaux Techno de l’époque. Il est vrai qu’à part les Dj’s peu de gens achètent les vinyles... D’où l’idée de sortir en Cd tous ces morceaux. En ce sens, ce n’est pas du tout un nouvel album studio, mais plutôt un genre de compilation.

Pour tes prochains travaux studio, doit-on s’attendre à voir resurgir la face Techno ou la face Electronica de Trentemöller ?
Je commence tout doucement à travailler sur mon nouvel album dans mon home-studio et c’est encore trop tôt pour en parler. D’autant que l’on va reprendre la route courant octobre avec le groupe pour une tournée de 15 dates aux Etats-Unis. J’attends ça avec impatience car je sais que tout est différent de l’Europe là-bas, et la plupart des concerts étaient déjà sold-out deux mois avant...

Tu joues de beaucoup d’instruments. Est-ce que tu mixes aussi ?
Pas tout à fait, quand je fais des mixes, c’est avec des Cd’s je ne me considère pas du tout comme un Dj.

Tu as beaucoup d’influences très diverses et pointues, est-ce que cela explique que tu sois si à l’aise sur des terrains si différents que le jeu en groupe, la production Techno et l’Electronica intimiste ?
Mes influences ne se limitent pas à la musique électronique, loin de là. J’aime les vieux trucs de Nina Simone, j’ai été très branché The Cure et The Smiths et par tout ce qui est Indie-rock. Je suis toujours à la recherche de nouveautés trépidantes, dans ce que je fais et dans ce que j’écoute. La musique, c’est ma grande passion !

Dans tes morceaux Techno, il y a Moan, illustré par un vidéo-clip qui utilise les images de Laïka, la première chienne dans l’espace... Est-ce un hommage ?
Oh, c’est une triste histoire... Bon c’est le premier être vivant à être allé dans l’espace et il en est mort (le 3 novembre 1957, à bord du Spoutnik-2, la chienne Laïka décède quelques heures après le décollage de la fusée, ndlr). Ça m’est venu à l’esprit en écoutant ce morceau, et en voyant ces images. C’est d’autant plus original que ça n’a rien à voir avec les paroles de la chanson !

Propos recueillis par G.D.

www.trentemoller.com
www.myspace.com/trentemoeller


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