Le mercredi 10 février, Joachim Garraud va passer sa soirée dans le Nord !
Avant d’aller enflammer les clubbers lillois du Network, il sera l’invité,
dès 20 heures, d’une émision exceptionele sur Contact. Le Dj et
producteur, auteur de tubes mondiaux (notamment pour David Guetta),
participera en direct à la confection d’un morceau qui sera diffusé le soir
même au Network et dès le lendemain sur la station de radio. Un événement
à ne pas rater pour tous les passionnés de clubbing et de création musicale
par ordinateur !
“FABRIQUER UN MORCEAU
EN DIRECT À LA RADIO
EST UN CHALLENGE TRES
INTÉRESSANT !”
www.joachimgarraud.com

Joachim, qu’avez-vous pensé
lorsqu’on vous a proposé
de participer à « La Nuit de la
Prod’ », sur Contact ?
Il y a un côté didactique et
pédagogique dans l’exercice de
fabriquer un morceau en direct à
la radio qui rend ce challenge très
intéressant ! De plus, il y a une
contrainte de temps qui va rendre
l’exercice particulièrement difficile.
C’est pourquoi je suis en train de
préparer à l’avance des boucles
rythmiques et des sons de synthé que
je pourrai utiliser pour l’émission.
Ne craignez-vous pas de
dévoiler des secrets de
fa brication que d’autres
pouraient ensuite vous
piquer ?
Je vais utiliser une métaphore
culinaire, comme j’aime bien le faire,
pour expliquer que non : quand un chef
cuisinier donne la liste des ingrédients
et la méthode pour les mélanger lors
d’une émission de cuisine, ce n’est
pas pour autant que tous ceux qui
suivront ses conseils auront le même
résultat que lui. En cuisine, comme
en musique, ce sont les sauces qui
font tout ! C’est ce que je vais faire ce
soir-là : donner une recette que tout le
monde pourra utiliser.
Le concept est fort original, d’autant qu’il va permettre
aux auditeurs de participer à la
confection du morceau en
intervenant au fur et à mesure
à l’antene. Qu’attendez-vous
d’eux ?
Comme un cuisinier, je vais venir
avec des ingrédients déjà préparés.
Le cuisinier, il a ses légumes déjà
épluchés, moi j’aurai, par exemple,
plusieurs lignes de basses déjà
prêtes. En fonction de la tournure
que prendra le morceau, ce sera aux
gens de choisir telle ou telle basse
plutôt qu’une autre. L’intérêt sera de
montrer que le morceau peut sonner
différemment fonction de l’orientation
voulue. Ce sera la même chose
avec les vocaux : on définira avec
les auditeurs une ligne mélodique à
suivre, puis des paroles…
Il y aura un chanteur ?
Oui, car comme c’est un morceau
amené à être joué en radio, c’est
mieux que ce ne soit pas un instru.
Mais je ne peux pas révéler son
identité, ce sera la surprise ! Je peux
juste dire que c’est un interprète avec
qui j’ai l’habitude de collaborer et avec
qui j’ai déjà signé un tube mondial...
Quele sera votre
configuration technique pour
cette « Nuit de la Prod’ » ?
J’aurai un laptop MacBook Pro avec
le logiciel Live d’Ableton version
8.1.1, ainsi qu’une banque de sons
de synthés virtuels. J’essaierai d’être
le plus pédagogique possible, en
évoquant des notions de musicalité
(pourquoi un sol sonne mieux avec un
do, par exemple) ou en donnant des
petits trucs (pourquoi un son de synthé
comprimé est mieux qu’un son de flute
pour un gimmick), tout en restant le
plus abordable possible pour ceux qui
n’ont pas de connaissances musicales
spécifiques. A la fin de l’émission,
je jouerai le morceau tel quel au
Network, car je n’aurai pas le temps
de le masteriser et de le compresser
comme il faut – d’une part ça prend
du temps, et d’autre part, c’est assez
rébarbatif. En revanche, je ferai le
mastering le lendemain, de manière
à ce que le morceau soit jouable sur
Contact dès le lendemain soir.
Cete émission est révélatrice
d’un phénomène : la musique
est de plus en plus accessible à
beaucoup de monde, grâce aux
logiciels de home-studio. Est-ce
que cela change radicalement
la manière de faire de la
musique ?
Ça vulgarise énormément, au bon
sens du terme, la production. Et ça
contribue à modifier certains critères
de qualité d’enregistrement, car
beaucoup de producteurs amateurs se
passent de mastering professionnel
et compressent directement leurs
morceaux en mp3. Paradoxalement,
il se développe de plus en plus de
lecteurs Haute-Définition, mais, hélas,
beaucoup de gens se contentent
d’écouter la musique sur un téléphone
ou sur Youtube, avec une qualité
faible… C’est la même chose que
pour la photo avec l’explosion du
numérique. Avant, c’était un art
réservé à une élite. Désormais, tout le
monde y a accès. Il y a des avantages
et des inconvénients.
Enfin, quelle est votre actu en
dehors de ce pasage à Lile ?
Je suis actuellement (à la mi-janvier,
NDLR) en studio où je prépare un
album pour le label américain de
Steve Aoki, Dim Mak. Je pars ensuite
pour une mini-tournée de quatre jours
en Thaïlande, et ensuite je me remets
à la prod’, car j’ai beaucoup de titres
en collaboration qui doivent sortir pile
au moment de la WMC de Miami, donc
le temps presse !
Propos recueillis par G.D.