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CLUBBING
Interviews
JOACHIM GARRAUD
3/03/2010

Le mercredi 10 février, Joachim Garraud va passer sa soirée dans le Nord ! Avant d’aller enflammer les clubbers lillois du Network, il sera l’invité, dès 20 heures, d’une émision exceptionele sur Contact. Le Dj et producteur, auteur de tubes mondiaux (notamment pour David Guetta), participera en direct à la confection d’un morceau qui sera diffusé le soir même au Network et dès le lendemain sur la station de radio. Un événement à ne pas rater pour tous les passionnés de clubbing et de création musicale par ordinateur !

“FABRIQUER UN MORCEAU EN DIRECT À LA RADIO EST UN CHALLENGE TRES INTÉRESSANT !”

www.joachimgarraud.com

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Joachim, qu’avez-vous pensé lorsqu’on vous a proposé de participer à « La Nuit de la Prod’ », sur Contact ?
Il y a un côté didactique et pédagogique dans l’exercice de fabriquer un morceau en direct à la radio qui rend ce challenge très intéressant ! De plus, il y a une contrainte de temps qui va rendre l’exercice particulièrement difficile. C’est pourquoi je suis en train de préparer à l’avance des boucles rythmiques et des sons de synthé que je pourrai utiliser pour l’émission.

Ne craignez-vous pas de dévoiler des secrets de fa brication que d’autres pouraient ensuite vous piquer ?
Je vais utiliser une métaphore culinaire, comme j’aime bien le faire, pour expliquer que non : quand un chef cuisinier donne la liste des ingrédients et la méthode pour les mélanger lors d’une émission de cuisine, ce n’est pas pour autant que tous ceux qui suivront ses conseils auront le même résultat que lui. En cuisine, comme en musique, ce sont les sauces qui font tout ! C’est ce que je vais faire ce soir-là : donner une recette que tout le monde pourra utiliser.

Le concept est fort original, d’autant qu’il va permettre aux auditeurs de participer à la confection du morceau en intervenant au fur et à mesure à l’antene. Qu’attendez-vous d’eux ?
Comme un cuisinier, je vais venir avec des ingrédients déjà préparés. Le cuisinier, il a ses légumes déjà épluchés, moi j’aurai, par exemple, plusieurs lignes de basses déjà prêtes. En fonction de la tournure que prendra le morceau, ce sera aux gens de choisir telle ou telle basse plutôt qu’une autre. L’intérêt sera de montrer que le morceau peut sonner différemment fonction de l’orientation voulue. Ce sera la même chose avec les vocaux : on définira avec les auditeurs une ligne mélodique à suivre, puis des paroles…

Il y aura un chanteur ?
Oui, car comme c’est un morceau amené à être joué en radio, c’est mieux que ce ne soit pas un instru. Mais je ne peux pas révéler son identité, ce sera la surprise ! Je peux juste dire que c’est un interprète avec qui j’ai l’habitude de collaborer et avec qui j’ai déjà signé un tube mondial...

Quele sera votre configuration technique pour cette « Nuit de la Prod’ » ?
J’aurai un laptop MacBook Pro avec le logiciel Live d’Ableton version 8.1.1, ainsi qu’une banque de sons de synthés virtuels. J’essaierai d’être le plus pédagogique possible, en évoquant des notions de musicalité (pourquoi un sol sonne mieux avec un do, par exemple) ou en donnant des petits trucs (pourquoi un son de synthé comprimé est mieux qu’un son de flute pour un gimmick), tout en restant le plus abordable possible pour ceux qui n’ont pas de connaissances musicales spécifiques. A la fin de l’émission, je jouerai le morceau tel quel au Network, car je n’aurai pas le temps de le masteriser et de le compresser comme il faut – d’une part ça prend du temps, et d’autre part, c’est assez rébarbatif. En revanche, je ferai le mastering le lendemain, de manière à ce que le morceau soit jouable sur Contact dès le lendemain soir.

Cete émission est révélatrice d’un phénomène : la musique est de plus en plus accessible à beaucoup de monde, grâce aux logiciels de home-studio. Est-ce que cela change radicalement la manière de faire de la musique ?
Ça vulgarise énormément, au bon sens du terme, la production. Et ça contribue à modifier certains critères de qualité d’enregistrement, car beaucoup de producteurs amateurs se passent de mastering professionnel et compressent directement leurs morceaux en mp3. Paradoxalement, il se développe de plus en plus de lecteurs Haute-Définition, mais, hélas, beaucoup de gens se contentent d’écouter la musique sur un téléphone ou sur Youtube, avec une qualité faible… C’est la même chose que pour la photo avec l’explosion du numérique. Avant, c’était un art réservé à une élite. Désormais, tout le monde y a accès. Il y a des avantages et des inconvénients.

Enfin, quelle est votre actu en dehors de ce pasage à Lile ?
Je suis actuellement (à la mi-janvier, NDLR) en studio où je prépare un album pour le label américain de Steve Aoki, Dim Mak. Je pars ensuite pour une mini-tournée de quatre jours en Thaïlande, et ensuite je me remets à la prod’, car j’ai beaucoup de titres en collaboration qui doivent sortir pile au moment de la WMC de Miami, donc le temps presse !

Propos recueillis par G.D.


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