Considéré comme le « Dj des podiums » (il a longtemps mis en musique les défilés de Karl Lagarfeld), Charles Schillings joue et produit une musique d’orfèvre, évoquant aussi bien le Funk, le Jazz, que la Deep-House ou le Lounge. Directeur artistique du label Pschent (à qui l’on doit notamment les compilations Hôtel Costes), il sort le 22 mars son troisième album personnel, « Like A Radio ».
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“J’AI PRIVILÉGIÉ L’ASPECT
MÉLODIQUE ET POP EN
N’UTILISANT QU’UNE
SEULE VOIX POUR FAIRE
DE « LIKE A RADIO » UN
ALBUM COHÉRENT ET
HOMOGÈNE ”
Quelle a été votre ligne de
conduite pour cet album, en
comparaison des précédents ?

J’ai d’abord voulu privilégier l’écriture,
l’aspect mélodique et pop des titres,
en m’inspirant d’influences eighties
légères allant de Depeche Mode à
Cure en passant par Tom Tom Club
ou les Talking Heads. Ce qui était au
départ un exercice de style a abouti
à un ensemble cohérent. Cette
homogénéité est aussi due au fait
qu’on n’entend qu’une seule voix tout
au long de l’album, alors que sur mes
précédents albums, je multipliais
les collaborations, car j’ai des goûts
éclectiques et j’aimais m’accorder
cette liberté.
Cette voix, c’est cele de Juanita
Grande. Pouvez-vous nous la
présenter ?
Nous avons déjà collaboré ensemble
sur Spin It Right, qui était sur mon
deuxième album, et puis on s’est
perdu de vue. Et on s’est retrouvé
par hasard, dans un resto italien, de
manière fortuite. Je lui ai parlé de mon
projet et ça s’est vite avéré concluant.
Elle a un registre très large, aussi bien
dans les graves que dans les aigus,
qui m’a ouvert d’infinies possibilités.
De plus, elle a une écriture très
personnelle que j’apprécie beaucoup.
Elle a également écrit les
paroles des titres de l’album ?
Tous sauf trois que j’ai écrits
moi-même. En fait, nous avons
travaillé en équipe, avec Juanita et
Pascal de Falco, son mari, qui est
également musicien et m’a assisté à
la production. Nous avions des petits
brainstormings durant lesquels on
jetait plein d’idées et cela a abouti aux
textes de l’album
Le premier extrait de l’album
s’intitule « Conduire Ce Soir ».
D’où cela vous est venu ?
Pendant la pré-prod, je me rendais
en voiture rejoindre Juanita et Pascal
en studio à Neuilly-sur-Marne, sans
oublier de passer chez un caviste sur
la route, car nous sommes amateurs
de bons vins. Et un de ces soirs, alors
que l’horaire était déjà bien avancée, je
me suis mis à chanter cette chanson
spontanément. On l’a enregistrée au
dictaphone en se disant que c’était
drôle et qu’on pourrait la mettre
sur l’album. Ce n’est donc pas un
message de prévention routière, je n’ai
pas vocation à faire la morale à qui
que ce soit, mais en même temps, si
on peut faire passer un petit message
sous-jacent à un texte décalé,
pourquoi pas ?
Il y a également deux reprises
sur l’album, et elles n’ont
rien à voir l’une avec l’autre.
Pourtant , elles s’intègrent
parfaitement à l’ensemble…
La première, c’est un classique
80’s, Broken Wings de Mr Mister. Au
départ, c’est Stéphane Pompougnac
qui voulait qu’on la travaille pour la
faire rentrer dans une des compiles
Hôtel Costes. Et puis finalement, on
l’a gardée pour l’album. La deuxième,
c’est un classique Country, Stand by
Your Man. Juanita écoute beaucoup
de Country, et ça nous a amusés
de reprendre ce morceau en deux
versions, dont l’une plus « club », qui
pourra laisser libre cours à une autre
interprétation des paroles, dans un
contexte gay !
Vous avez promis de nombreux
remixes pour les titres de cet
album. Qu’en est-il ?
En effet, les versions que l’on trouve
sur « Like a Radio » ont toutes un
format Pop. Nous avons pour chaque
morceau réalisé (et fait réaliser par
des remixeurs) une version « club »,
qui se prêtera plus au mix. On a réuni
ces remixes sur un album qui s’intitule
« Like a Club » qui sera vendu avec
« Like a Radio ». Deux albums pour
le prix d’un : on s’est dit qu’en cette
période de crise du disque, c’était la
moindre des choses.
Qu’en est-il de votre activité de
« Dj des podiums » ?
J’ai obtenu d’immenses satisfactions
à travailler pendant 15 ans avec
quelqu’un d’aussi exigeant que
Karl Lagarfeld. Ça m’a permis de
m’ouvrir à d’autres musiques, moins
formatées « club ». Je continue encore
à travailler notamment avec Alexandre
Vautier qui s’est mis à son compte
après avoir travaillé notamment pour
Dolce & Gabbana. Et en réalité, il ne
s’agit pas réellement de Djing, ce
sont des oeuvres originales que je
diffuse, en travaillant de concert avec
le styliste.
Vous êtes depuis deux ans le
directeur artistique du label
Pschent. Quele dynamique y
insufflez-vous ?
Nous avons un catalogue de musique
« adulte », composé d’artistes avec
qui nous travaillons depuis longtemps
comme Stéphane Pompougnac ou
Shazz. Nous voulons garder la même
ligne de qualité tout en « rajeunissant
les lignes ». On voudrait sortir
moins de compilations et utiliser
au maximum notre propre studio
d’enregistrement.
Propos recueillis par G.D.