Le Dj star n’arrête pas cette année. Après avoir enregistré un album de
Reggae en Jamaïque cet hiver (avec entre autres les tubes « Love Generation »,
« i Feel For You », « The Beat Goes On » revisités), il sort en ce début d’été une
nouvelle compile pour le label Strictly Rhythm. Avant d’embarquer pour une
tourn ée qui pasera le samedi 3 juilet au Lagon Bleu, Bob Sinclar revient sur
Ses deux derni ères sorties et sa quête toujours passionnée de musique sous
tous les angles…
www.bobsinclar.com
“Avec cet
album de reprises
Reggae, je voulais
doner un côté
intemporel à ma
musique.”

Vous avez lancé l’été très tôt
en sortant l’album « Made in
Jamaica » dès le mois d’avril…
Cet album, c’est une pilule de bonheur
qui devrait être remboursée par la
sécu ! En cas de « coup de moins
bien », c’est la musique idéale pour
retrouver la pêche. D’ailleurs, ça a
été mon cas à la sortie de 40 dates de
tournée, l’année dernière. J’étais en
vacances à Kingston, et en tant que
grand fan de l’album « Aux Armes
etc. » de Gainsbourg, l’idée m’est
venue de tenter de faire un album
Reggae.
Vous avez donc pris contact
avec Sly & Robbie, les deux
musiciens mythiques de
Kingston ?
C’est ça, ils connaissaient ma
musique mais pas mon nom. Ils
étaient partants, ils se sont dit que ça
apporterait un peu de fraicheur dans
leur répertoire. On a réglé le côté
business, et je les ai laissés jouer. Ils
ont fait un énorme « bœuf » de douze
jours, à raison de trois morceaux
par jour, et à la fin de la session,
j’ai ramené les bandes à Paris pour
retravailler le tout en injectant un petit
peu de groove électronique.
Votre objectif, c’était de
retrouver un son « Reggae »
come il ne se fait plus ?
Complètement. Il faut savoir que
Sly Dunbar et Robbie Shakespeare
(section rythmique, NDLR), ce sont
les deux mecs qui ont fait exploser
le Reggae à travers le monde il y
a quarante ans. Hélas, le Reggae,
aujourd’hui, se fait entièrement avec
des synthétiseurs, sans basse, ni
batterie. Or, je voulais vraiment un
son « old-school ». Alors, on a fait
venir Mikey Chung aux guitares, Sticky
Thompson aux percus et Robbie Lyn
aux claviers. Il a joué sur un orgue
Hammond de 1979 et un piano Fender
Rhodes pour qu’on ait vraiment le son
de l’époque.
Finalement, avec cet album, un
an après l’expérience Hip-Hop
de l’album « 69 », vous tournez
encore un peu plus le dos au
son Electro-Clubbing ?
Ce qui me passionne, c’est de faire du
neuf avec du vieux. Je suis arrivé dans
la musique à l’époque du recyclage.
On samplait, remixait… À ce jeu-là,
la technique du son compte autant
que les lignes mélodiques et les
textes. Mais en faisant du Reggae, je
renoue avec quelque chose de plus
acoustique. Car finalement, je ne suis
pas tant un musicien Electro que ça.
Ou alors de l’Electro avec beaucoup
d’acoustique. L’usage de la batterie
électronique date énormément les
morceaux. Les classiques de la
musique qui nous restent, ils ont été
enregistrés avec une vraie batterie.
Avec cet album de reprises Reggae, je
voulais donner un côté intemporel à
ma musique.
Dans ce sens, vous vous
démarquez de vos collègues
Dj’s. Est-ce volontaire ?
J’ai toujours essayé de me démarquer
et de surprendre. Ce que j’aime, c’est
quand les gens reconnaissent un
morceau aux premières notes et se
disent « Ah, ça c’est du Bob Sinclar ».
Maintenant, que je sois considéré
comme branché ou pas, ce n’est plus
mon problème. Au début, je l’étais,
quand je sortais les premiers artistes
French Touch sur Yellow Production
entre 1995 et 1998 (Dimitri From
Paris, entre autres). Aujourd’hui, j’ai
l’impression que « underground », ça
veut dire « ne vend pas de disques »…
Votre autre actualité
discographique, c’est la
sortie d’une compile Strictly
Rhythm : avez-vous eu accès au
catalogue du label ?
Oui. J’adore bidouiller les vieux
catalogues ! Je suis allé chercher de
vieux morceaux, des classiques, mais
aussi des plus récents, histoire de faire
un travail de mix pertinent. C’est un
exercice de style une telle compile.
Ça m’a fait du bien de travailler sur ce
projet après avoir sorti l’album Jamaïca.
Qu’est-ce qui vous motive
encore à parcourir le monde
pour des Dj sets ?
Quand j’ai commencé, il y avait zéro
artiste qui s’était construit sur une
image de Dj. A part peut-être Laurent
Garnier ou Dimitri From Paris… Et
depuis, on se rend compte qu’aucun
des Dj’s stars n’est parti à la retraite.
Moi, du moment que j’ai l’envie et que
le physique suit, je continue.
Propos recueillis par G.D.